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Homologation casque moto : ECE 22.06, étiquette et règles en France

L'homologation d'un casque moto atteste qu'il a réussi les essais du règlement ONU n°22. En France, le casque doit être homologué, attaché et porter quatre éléments rétroréfléchissants ; service-public indique que les casques ECE 22.06 et ECE 22.05 sont acceptés. La série 22.06, en vigueur depuis le 3 janvier 2021, ajoute un test d'impact oblique (accélération rotationnelle), des points d'impact supplémentaires et des essais d'écran. Vérifiez toujours l'étiquette cousue sur la jugulaire avant d'acheter.

Le règlement ONU n°22, qu'est-ce que c'est ?

Le règlement ONU n°22 fixe les « prescriptions uniformes relatives à l'homologation des casques de protection et de leurs écrans pour conducteurs et passagers de motocycles et de cyclomoteurs ». Il est annexé à l'Accord de Genève de 1958, qui permet aux pays signataires de reconnaître mutuellement leurs homologations. On parle couramment de norme « ECE » (Commission économique des Nations unies pour l'Europe), le chiffre après le point désignant la série d'amendements : 22.05, puis 22.06.

Concrètement, un fabricant soumet un type de casque à un service technique agréé par un pays signataire. Si les échantillons réussissent les essais, l'autorité de ce pays délivre un numéro d'homologation, valable dans tous les pays qui appliquent le règlement. Les casques de production sont ensuite contrôlés par série pour vérifier qu'ils restent conformes au type homologué.

ECE 22.06 et ECE 22.05 : ce qui change

La série 06 a été adoptée par le Forum mondial de l'harmonisation des règlements sur les véhicules (WP.29) en juin 2020. D'après la notification du dépositaire de l'ONU, ces amendements sont obligatoires pour les parties contractantes depuis le 3 janvier 2021. Le texte (document ECE/TRANS/WP.29/2020/60) apporte plusieurs nouveautés majeures.

Les impacts rotationnels

C'est l'ajout le plus important. Lors d'une chute, la tête ne heurte presque jamais le sol de face : le choc est oblique et imprime une rotation au cerveau, à l'origine de lésions graves. La 22.06 introduit un essai d'impact oblique qui mesure l'accélération rotationnelle de la fausse tête. Le pic d'accélération rotationnelle ne doit pas dépasser 10 400 rad/s², et un indicateur de risque de lésion cérébrale (BrIC) est calculé.

Plus de points d'impact

Les essais de choc linéaire portent toujours sur quatre points de référence (avant, côté, sommet, arrière), plus un point sur la mentonnière pour les casques qui en ont une protectrice. La 22.06 ajoute au moins trois impacts supplémentaires, choisis par le laboratoire parmi douze points répartis sur la coque. Le fabricant ne peut donc plus renforcer uniquement les zones testées. Les essais sont aussi réalisés sur plusieurs tailles de fausses têtes.

Les écrans

Les écrans subissent désormais un essai de résistance aux particules à grande vitesse : une bille d'acier est projetée à 60 m/s devant chaque œil. Le texte prévoit aussi des essais pour les écrans photochromiques et à cristaux liquides. L'écran porte sa propre marque d'homologation.

Les accessoires

Un casque vendu avec des accessoires d'origine (par exemple un intercom intégré ou des éléments fixés à l'extérieur) est évalué avec et sans ces accessoires, montés selon les instructions du fabricant. Seuls les accessoires testés lors de l'homologation sont couverts.

Les modulables clarifiés

La 22.06 définit précisément les catégories : J (jet, sans mentonnière), P (intégral, avec protection du bas du visage), NP (mentonnière non protectrice) et P/J (modulable homologué dans les deux configurations). Un modulable P/J est testé mentonnière fermée et ouverte. La protection du menton n'est garantie que mentonnière fermée.

Le calendrier réel du passage à la 22.06

Le règlement prévoit des dispositions transitoires calculées à partir de l'entrée en vigueur de la série 06, le 3 janvier 2021 :

  • Dès le 3 janvier 2021 : aucun pays signataire ne peut refuser une homologation 22.06.
  • 18 mois après (juillet 2022) : les nouvelles homologations et extensions ne sont plus accordées qu'aux casques et écrans conformes à la 22.06.
  • 30 mois après (juillet 2023) : les pays signataires interdisent d'apposer sur les casques et les écrans des marques d'homologation se référant à la série précédente. Autrement dit, plus aucun casque neuf ne peut sortir d'usine avec une étiquette 22.05.
  • 36 mois après (janvier 2024) : les pays signataires « peuvent » interdire la vente des casques et écrans non conformes à la 22.06. Le texte ne l'impose pas, il laisse chaque pays décider.

Côté utilisateur, rien n'oblige à remplacer un casque 22.05 en bon état : la fiche service-public sur l'équipement des deux-roues mentionne toujours les normes ECE-06 et ECE-05. Pour un achat neuf aujourd'hui, choisissez en revanche un casque 22.06 : c'est la norme actuelle et la plus exigeante. Tous les casques de notre rayon casques dont la fiche indique « ECE 22.06 » ont passé ces essais, comme le Shoei GT-Air 3 ou l'AGV K7.

Lire l'étiquette d'homologation

L'étiquette est généralement cousue sur la jugulaire. Elle doit être lisible et résister à l'usure. Elle comprend :

  1. La lettre E dans un cercle, suivie d'un numéro : c'est le pays qui a délivré l'homologation, pas le pays de fabrication. Quelques exemples : E1 Allemagne, E2 France, E3 Italie, E4 Pays-Bas, E6 Belgique, E9 Espagne, E11 Royaume-Uni.
  2. Le numéro d'homologation : ses deux premiers chiffres indiquent la série d'amendements. Un numéro qui commence par 06 correspond à la 22.06, par 05 à la 22.05.
  3. Le code de protection, après une barre oblique : /J, /P, /NP ou /P/J selon le type de casque.
  4. Le numéro de série de production, après un tiret.

L'étiquette peut aussi comporter un code-barres ou un QR code. Une étiquette absente, découpée ou illisible doit vous faire renoncer à un casque. Sur un modulable, vérifiez la mention P/J si vous comptez rouler mentonnière ouverte : la Sécurité routière rappelle qu'un modulable marqué P seul ne peut pas être porté ouvert en circulation.

Les autocollants rétroréfléchissants : une obligation française

Le règlement ONU n°22 définit les éléments rétroréfléchissants (au moins 18 cm² visibles dans chaque direction : avant, arrière, droite, gauche) mais laisse à chaque pays le choix de les rendre obligatoires. La France l'a fait : selon service-public, le casque doit porter quatre éléments rétroréfléchissants visibles, devant, derrière et de chaque côté. Selon les modèles, ils sont posés d'usine ou fournis dans la boîte avec les instructions de pose, ce que le règlement autorise. Le Nexx Y.100R, par exemple, a des réfléchissants visibles sur tout le tour du casque.

Service-public range ces éléments parmi les conditions de l'obligation de port du casque, avec l'homologation et l'attache. Le non-respect de cette obligation est puni d'une amende pouvant aller jusqu'à 750 €, en général une amende forfaitaire de 135 €, et d'un retrait de 3 points pour le conducteur. Un autocollant décollé se remplace facilement : vérifiez-les en même temps que l'état de votre écran.

DOT, Snell, FIM : valables en France ?

  • DOT (États-Unis) et Snell (fondation américaine) : ces certifications ne remplacent pas l'homologation ECE en France. Un casque uniquement DOT ou Snell n'est pas un casque homologué au sens du code de la route. Certains casques cumulent les deux, comme le MT Helmets Jarama SV, homologué ECE 22.06 et DOT : c'est l'étiquette ECE qui compte ici.
  • FIM : l'homologation de la Fédération internationale de motocyclisme concerne la compétition. Elle s'ajoute à l'ECE, elle ne la remplace pas. Le Shoei X-SPR Pro est homologué ECE 22.06 et FIM.

Casque d'occasion : prudence

Un casque ne montre pas toujours ses dommages. Le calotin en polystyrène se tasse lors d'un choc et ne retrouve pas ses capacités, même quand la coque paraît intacte. Le règlement impose d'ailleurs une mention sur chaque casque : un casque qui a subi un choc violent doit être remplacé. La Sécurité routière conseille d'acheter son casque neuf, car il peut être abîmé sans que cela se voie. Sur un casque d'occasion, vous ignorez son histoire : chute, choc posé sur le sol, stockage près d'une source de chaleur ou contact avec des solvants. Si vous n'avez pas le choix, exigez au minimum une étiquette d'homologation lisible, des autocollants rétroréfléchissants présents et un intérieur en bon état, sans garantie pour autant sur l'intégrité de la coque.

Pour la suite de votre choix, lisez nos guides comment choisir son casque moto et taille casque moto : comment mesurer. Pour l'entretien de l'écran et de l'intérieur, voyez le rayon nettoyage casque.

Questions fréquentes

Peut-on encore rouler avec un casque ECE 22.05 ?

Oui. Service-public mentionne toujours les normes ECE-05 et ECE-06 pour l'obligation de port du casque, à condition que le casque soit en bon état, attaché et équipé de ses quatre éléments rétroréfléchissants.

Comment savoir si mon casque est homologué 22.06 ?

Regardez l'étiquette sur la jugulaire : la lettre E dans un cercle suivie d'un numéro de pays, puis un numéro d'homologation qui commence par 06.

Que signifient les lettres P, J, NP et P/J ?

J désigne un jet, P un casque avec protection du menton, NP une mentonnière non protectrice et P/J un modulable homologué pour rouler fermé ou ouvert.

Les autocollants rétroréfléchissants sont-ils obligatoires ?

Oui en France : le casque doit porter quatre éléments rétroréfléchissants, devant, derrière et sur chaque côté. Le non-respect de l'obligation de port du casque expose à une amende forfaitaire de 135 € et à un retrait de 3 points.

Un casque homologué DOT est-il légal en France ?

Non, pas s'il n'est que DOT. En France, il faut un casque homologué selon le règlement ONU n°22, donc avec une étiquette ECE.

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